Bonjour et bienvenue Ă  bord !

Je suis Laurence Lavauden, Responsable de cabine au sein d’une major française depuis plus de 20 ans, et responsable pĂ©dagogique chez Objectif PN. Aujourd’hui, je vous emmĂšne dans les coulisses du mĂ©tier de PNC : sa rĂ©alitĂ©, ses exigences
 et surtout la passion qui l’anime.

Et tout commence par une Ă©vidence : ce mĂ©tier, c’est avant tout l’humain.

Q : Pourquoi avoir choisi le mĂ©tier de PNC ? Qu’est-ce qui vous attire dans cet univers ?

J’ai choisi ce mĂ©tier parce qu’il place l’humain au centre de tout.

À bord, nous partageons une parenthĂšse de vie avec nos passagers. Certains partent en vacances, d’autres voyagent pour le travail, pour retrouver leurs proches, ou parfois dans des moments plus dĂ©licats. Chaque vol raconte une histoire.

Et tout cela se dĂ©roule en mouvement, Ă  plus de 900 km/h, dans ce que j’appelle souvent le plus beau bureau du monde : au-dessus des nuages, Ă  plus de 10 kilomĂštres du sol.

Ce que j’aime aussi profondĂ©ment, c’est l’esprit d’équipage. Nous devons ĂȘtre coordonnĂ©s, solidaires, efficaces. En quelques minutes, lors du briefing, des personnes qui ne se connaissent pas toujours deviennent une Ă©quipe soudĂ©e, unie par les mĂȘmes valeurs : respect, tolĂ©rance et bienveillance.

Mais il y a une vĂ©ritĂ© qu’on oublie souvent : le cƓur du mĂ©tier, c’est la sĂ©curitĂ©. Être PNC, c’est savoir anticiper, protĂ©ger, gĂ©rer l’imprĂ©vu tout en restant disponible et rassurant. C’est un mĂ©tier Ă  plusieurs casquettes, et c’est justement ce qui le rend passionnant.

Q : Quelles étapes avez-vous suivies pour devenir PNC ? Quels défis au démarrage ?

J’ai construit mon parcours comme une vĂ©ritable stratĂ©gie de rĂ©ussite. Mon objectif Ă©tait clair : faire en sorte que les compagnies aĂ©riennes aient envie de s’intĂ©resser Ă  mon CV.

J’ai commencĂ© par un BTS hĂŽtellerie, puis je me suis orientĂ©e vers un BTS tourisme. AprĂšs l’obtention de mon diplĂŽme, j’ai multipliĂ© les expĂ©riences professionnelles : agent d’escale Ă  l’aĂ©roport, agent d’accueil en office de tourisme, rĂ©ceptionniste en hĂŽtellerie de luxe, puis attachĂ©e commerciale dans une compagnie aĂ©rienne.

Ces expĂ©riences m’ont permis de dĂ©velopper des bases solides en relation client, communication, fidĂ©lisation, travail en Ă©quipe et gestion de conflits.

Lorsque mon projet de devenir PNC s’est prĂ©cisĂ©, j’ai suivi les Ă©tapes clĂ©s : l’aptitude mĂ©dicale, la formation initiale sĂ©curitĂ© – le CCA aujourd’hui –, vĂ©ritable ADN du mĂ©tier avec la sĂ©curitĂ©, la sĂ»retĂ©, le secourisme et les procĂ©dures d’urgence. Et bien sĂ»r, l’anglais. Un niveau B2 est dĂ©sormais indispensable, avec une certification rĂ©cente.

La mobilitĂ© et l’ouverture internationale sont Ă©galement de vĂ©ritables accĂ©lĂ©rateurs. Voyager, partir Ă  l’étranger, enrichit un parcours et renforce les compĂ©tences linguistiques. J’ai moi-mĂȘme eu la chance de voyager en AmĂ©rique du Sud, ce qui m’a permis de perfectionner mon espagnol.

Je n’ai pas intĂ©grĂ© immĂ©diatement la compagnie de mes rĂȘves. J’ai commencĂ© par des compagnies charter qui m’ont donnĂ© ma chance et m’ont permis d’acquĂ©rir les bases du mĂ©tier.

Le vrai dĂ©fi au dĂ©marrage, c’est le rythme. Les horaires dĂ©calĂ©s, la fatigue, les dĂ©calages horaires en long-courrier
 On comprend vite que ce mĂ©tier demande rigueur, organisation personnelle et une bonne hygiĂšne de vie, tant physique que mentale.

 

Q : À quoi ressemble une journĂ©e type ? Quelles missions sont les plus importantes et souvent mĂ©connues ?

Une journĂ©e commence souvent bien avant l’avion. Il faut parfois rejoindre sa base d’affectation. Pour ma part, je suis restĂ©e lyonnaise tout en Ă©tant basĂ©e Ă  Paris-CDG.

Puis vient le briefing Ă©quipage. Nous y rĂ©partissons les rĂŽles, analysons les particularitĂ©s du vol et les prioritĂ©s. J’aime dire que nous entrons en briefing en tant que PNC et que nous en ressortons en vĂ©ritable Ă©quipage. Cela demande adaptabilitĂ© et sociabilitĂ©.

Ensuite, place aux visites pré-vol. Vérification des équipements de sécurité, conformité cabine, contrÎles réglementaires. Cette étape est invisible pour les passagers, mais elle est fondamentale.

Pendant l’embarquement, nous accueillons tout en observant, en aidant et en anticipant. En vol, nous gĂ©rons Ă  la fois le prĂ©visible et l’imprĂ©visible : sĂ©curitĂ© permanente, coordination de l’équipe, gestion des passagers, situations de stress ou de conflit, besoins spĂ©cifiques
 sans oublier le service et le confort.

Ce qui est mĂ©connu, c’est la part d’anticipation. Nous repĂ©rons, nous prĂ©venons, nous dĂ©samorçons. Être PNC, c’est ĂȘtre prĂ©sent mĂȘme quand cela ne se voit pas.

 

Q : Qu’est-ce qui vous plaüt le plus ? Quelles contraintes faut-il anticiper ?

Ce que j’aime le plus, c’est l’impact immĂ©diat de notre travail. Parfois, un mot, une Ă©coute ou une attention suffisent Ă  transformer l’expĂ©rience d’un passager.

J’aime aussi l’exigence et la fiertĂ© de reprĂ©senter une compagnie, de porter ses valeurs et d’ĂȘtre une ambassadrice de la France Ă  travers le monde.

Mais il faut rester lucide. Le rythme est irrĂ©gulier, les journĂ©es peuvent ĂȘtre longues et la fatigue bien rĂ©elle. Il faut apprendre Ă  gĂ©rer son Ă©nergie et son sommeil.

Nous sommes Ă©galement en posture professionnelle en permanence. MĂȘme fatiguĂ©e, il faut rester souriante, attentive, empathique. L’empathie est indispensable Ă  tous les niveaux du vol.

Q : Pourquoi avoir créé Objectif PN ? Quel besoin avez-vous constaté ?

J’ai créé Objectif PN en 2002 par passion. Je voyais trop de candidats passer Ă  cĂŽtĂ© de leur rĂȘve, non pas par manque de motivation, mais par manque de mĂ©thode et de comprĂ©hension des attentes rĂ©elles.

Beaucoup se concentrent sur l’image glamour vĂ©hiculĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux. Or les recruteurs recherchent avant tout de l’authenticitĂ©, de la fiabilitĂ©, de la rigueur, un vĂ©ritable sens du service et une capacitĂ© Ă  travailler en Ă©quipe sous pression.

Chez Objectif PN, nous accompagnons la rĂ©ussite au CCA, mais surtout nous transmettons une philosophie du mĂ©tier. Devenir navigant, c’est devenir un professionnel adaptable, solide et authentique.

Q : Quelles erreurs reviennent souvent ? Qu’est-ce qui fait la diffĂ©rence ?

L’erreur la plus frĂ©quente, c’est un discours trop vague. Dire que l’on aime le contact ou voyager ne suffit pas. Il faut dĂ©montrer, par des exemples concrets, que l’on comprend la prioritĂ© du mĂ©tier : assurer la sĂ©curitĂ© tout en maintenant une relation attentionnĂ©e.

Sous-estimer l’anglais ou arriver sans prĂ©paration est Ă©galement une erreur.

Ce qui fait la diffĂ©rence, c’est une posture professionnelle simple et claire, des exemples prĂ©cis de situations vĂ©cues, une attitude positive et adaptable, et un anglais suffisamment fluide pour ĂȘtre Ă  l’aise.

Mon conseil : renseignez-vous en profondeur sur la rĂ©alitĂ© du mĂ©tier. Échangez avec des navigants. ConnaĂźtre l’envers du dĂ©cor est essentiel avant de se lancer.

Q : Un conseil essentiel ? Une phrase pour conclure ?

Choisissez ce mĂ©tier pour les bonnes raisons. C’est avant tout un mĂ©tier de service Ă  la personne dans un environnement exigeant.

PrĂ©parez-vous sĂ©rieusement. Ce mĂ©tier fait rĂȘver, mais la diffĂ©rence se joue sur la mĂ©thode, la rĂ©gularitĂ© et votre capacitĂ© Ă  montrer que vous ĂȘtes prĂȘts.

On vous recrute d’abord pour la sĂ©curitĂ©, ensuite pour le service, mais toujours pour vos qualitĂ©s humaines.

Aujourd’hui, ce que j’aime par-dessus tout, c’est transmettre cette passion tout en continuant à voler. Parce qu’au fond, l’avion n’est pas qu’une machine. C’est un lien puissant entre les hommes et les continents.

L’avion unit les hommes
 et nous, PNC, donnons une dimension humaine à ce lien.



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